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La Fashion Week masculine de janvier أ* Paris est la partie immergأ©e d’un inimaginable iceberg. D’un secteur أ©conomique important, d’une industrie avec des ramifications أ* l’أ©chelle de la terre, d’une multitude de mأ©tiers divers et variأ©s qui touchent, de prأ¨s ou de loin, أ* la mode. Cet أ©vأ©nement international, dont les images font le tour du monde, en attire d’autres. dans les halls de la Porte de Versailles, au Pavillon Vendأ´me, أ* l’Hأ´tel d’أ?vreux, au Palais Brongniart, dans une multitude de galeries et d’appartements du Marais transformأ©s en show-rooms, plأ©thore de marques font salon afin de dأ©voiler leurs collections de prأھt-أ*-porter et d’accessoires أ* des acheteurs venus de tous les pays. En parallأ¨le, se tient le salon Maison & Objet au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte, un sommet أ* lui seul. Et quand tous ces professionnels ne courent pas d’une prأ©sentation أ* l’autre, ils hument l’air de Paris, visitent des nouveaux lieux, recherchent des jeunes marques, craquent et dأ©pensentâ?¦ Tout cela, bien entendu, en temps normal. Samedi, en raison des manifestations des آ«gilets jaunesآ», la capitale franأ§aise أ©tait impraticable dans certains quartiers. Les dirigeants des maisons et la Fأ©dأ©ration de la haute couture et de la mode avaient pris les devants en amأ©nageant le calendrier des dأ©filأ©s, mais l’impact reste colossal, inestimable et durable aussi pour cette profession. آ» LIRE AUSSI – Fashion week: la poأ©sie du quotidien Il en faudrait cependant plus pour entamer l’أ©nergie d‘Olivier Rousteing chez Balmain . Ajournأ© de quelques heures, le show se tient au Tennis Club de Paris, transformأ© en immense dance floor revأھtu d’un sol miroir. Le minimum nأ©cessaire pour dأ©voiler 98 silhouettes en noir et blanc (dont une dizaine intأ©grant du denim dأ©lavأ©). Un record, pas tant en nombre – il y en avait plus lors du prأ©cأ©dent dأ©filأ© dans les salons du ministأ¨re des Affaires أ©trangأ¨res – qu’au niveau du style, d’une extrأھme diversitأ©, tout en se tenant plus que jamais. La performance dأ©bute par le soir, en smoking dأ©structurأ© jouant sur le positif nأ©gatif. Puis viennent la ville, le jour, des dأ©gaines plus cool sans verser dans des excأ¨s streetwear, tweed aux nuances dأ©gradأ©es, cuir et jeans avec des coutures et des ourlets peints en contraste أ* main levأ©e. Sur des hoodies et des cabas, le trentenaire imprime en lettres capitales des آ«Don’t put your blame on meآ», آ«I hope (s)he loves the boysآ», آ«You only know my name, not my storyآ», messages qui ne sont pas lancأ©s أ* la cantonade. Olivier Rousteing est extrأھmement suivi sur les rأ©seaux sociaux. أ? l’occasion du dأ©filأ©, Balmain lanأ§ait d’ailleurs sa propre application en partenariat avec Apple, une tribune oأ¹ la verve du directeur artistique franأ§ais devrait battre des records. Pour la premiأ¨re fois, Loewe prأ©sente la collection masculine de Jonathan Anderson sous forme de dأ©filأ©Chez Sacai , Chitose Abe a toujours eu envie d’en dأ©coudre avec les conventions vestimentaires. Samedi matin, l’atmosphأ¨re lunaire qui entoure sa prأ©sentation – avancأ©e أ* 9 heures pour ne pas pأ¢tir des rassemblements publics tandis que les alentours du Grand Palais, proche de l’أ?lysأ©e, sont bouclأ©s أ* la circulation depuis l’aube -, n’a aucun lien avec l’esprit, moins chahutأ©, de sa collection. Les chocs de couleurs et de motifs sont restreints tout en veillant أ* ne pas dأ©voiler deux looks similaires. L’individualitأ© est le motto de la saison qui couvre l’automne et l’hiver avec des piأ¨ces pour tous les temps et tous les froids, de l’habit de pluie dans des tissus calques أ* des grosses doudounes et parkas incrustأ©es de fourrure ou de jacquard qui renouvellent le genre. Pour la premiأ¨re fois, Loewe prأ©sente la collection masculine de Jonathan Anderson sous forme de dأ©filأ©. Un passage أ* la vitesse supأ©rieure dans la mode homme pour la griffe madrilأ¨ne du groupe LVMH, dont le directeur crأ©atif irlandais s’acquitte haut la main. Normal, il a lancأ© sa marque personnelle أ* partir de ce dressing, en 2008 sur les podiums de Londres, avec une audace qui a rapidement fait son nom. Quelque dix ans plus tard, cette fantaisie dأ©bridأ©e revient en force أ* Paris. أ? la maison de l’Unesco, l’espace est dأ©corأ© d’une sculpture monumentale de l’Allemand Franz Erhard Walther. Elle intأ¨gre des fragments de vأھtements comme des gabarits de coupe utilisأ©s par les tailleurs. La proposition joue أ©galement sur ce passage de formes أ*-plat أ* des habits en volumes, avec des pulls aux bords non cousus, des chemises sans boutons aux longs poignets, des souliers qui se prolongent en chaps portأ©s non zippأ©s أ* l’intأ©rieur de la jambe. أ? chaque passage, plusieurs idأ©es. Cette crأ©ativitأ© folle est rafraأ®chissante. Dأ©filent aussi des chemises et des blousons trأ¨s sobres et portables avec une seule grande poche en cuir contrastأ©, ainsi que les sacs Puzzle et Gate dans des formats et des cuirs plus que parfaits. L’imagination de Thom Browne est tout aussi bluffante. Et ne parlons pas trop de ses mises en scأ¨ne, qui rأ©galeraient un psy! Le set du dأ©filأ© tapissأ© de plastique bulle أ* la maniأ¨re d’une cellule capitonnأ©e invite peut-أھtre أ* ne pas trop creuser de ce cأ´tأ©-lأ*? Le show commence par huit garأ§ons en tenue de cuisinier confectionnأ©e dans cette mأھme matiأ¨re. Puis, des mannequins habillأ©s de compilations de vأھtements, parfois en jupe ou en robe droite ou en costume et manteau parfaitement taillأ©s, se prأ©sentent. Depuis l’أ©tأ© dernier, le designer amأ©ricain est entrأ© dans le giron du groupe italien Zegna, le leader mondial du prأھt-أ*-porter masculin. Au final, les 38 silhouettes apparaissent reproduites en taille miniature au centre du podiumâ?¦ En rأ©sumأ©, des poupأ©es du sexe fort. De l’art d’أھtre constant Nombreux sont (encore) les hommes أ* ne jurer que par les costumes d’un tailleur prأ©cis ou les jeans d’un unique label ad vitam aeternam car ils savent que ces piأ¨ces leur vont parfaitement. Ainsi, Lemaire a ses adeptes, des initiأ©s affectionnant les habits intemporels de Sarah-Linh Tran et Christophe Lemaire. Pourtant, quelque chose a changأ© sur l’hiver prochain. آ«J’avais envie d’une أ©paule de veste plus tailleur, de cols plus graphiques, de vأھtements plus netsâ?¦آ», confie le designer. Une allure de dandy en somme? آ«Oui, mais austأ¨re, surtout pas prأ©cieux. Le dandysme est une maniأ¨re de se tenir droit, une sorte de rأ©sistance, أ* ce moment prأ©cis oأ¹ on recherche la caution streetwear أ* tout prix.آ» Le duo a raccourci les pantalons أ* pli marquأ©, taillأ© des blazers dans une soie lavأ©e rose poudre plutأ´t que dans une draperie classique, contrastأ© le raffinement de l’ensemble avec de gros pardessus en laine sأ¨che. La maison Jil Sander , du temps de la fondatrice, avait aussi des inconditionnels de son dressing minimaliste. Aprأ¨s son dأ©part, plusieurs directeurs artistiques se sont succأ©dأ©â?¦ Avec plus ou moins de succأ¨s. Depuis 2017, Lucie et Luke Meier s’y attellent, prأ©sentant pour la premiأ¨re fois أ* Paris. Sans conteste, leur collection est une des plus pertinentes, proche des classiques de dأ©part: pulls أ* cols ronds en maille chinأ©e, impers impeccables et complets trois boutons aux lignes pures dans une gamme de teintes grisأ©es. Un rouge intense et des touches de bleu cأ©rulأ©en tranchent. La silhouette est أ©tirأ©e, les chemises et les pulls allongأ©s, les couches de vأھtements se superposent comme l’affectionne l’أ©poque. Autre signe des temps et d’un mأ©lange des genres que n’aurait pas reniأ© Mme Sander, un voile de soie constituأ© d’aplats de couleurs rأ©veille les costumes noirs des derniers passages. La bienveillance est le thأ¨me de la collection automne-hiver 2019-2020 d’Officine Gأ©nأ©rale. Un terme أ©lu mot de l’annأ©e 2018 en France qui sied أ* chacune des collections de Pierre Mahأ©o depuis 2012La bienveillance est le thأ¨me de la collection automne-hiver 2019-2020 d’Officine Gأ©nأ©rale . Un terme أ©lu mot de l’annأ©e 2018 en France qui sied أ* chacune des collections de Pierre Mahأ©o depuis 2012. Grأ¢ce sa mode altruiste, le styliste s’est d’ailleurs construit une clientأ¨le fidأ¨le. Une humanitأ© que l’on retrouve l’hiver prochain dans آ«le costume sous toutes ses formes, أ©lأ©ment indispensable dont je ne me lasserai jamaisآ», أ©crit-il dans sa note d’intention, rأ©digأ©e أ* la premiأ¨re personne comme une lettre أ* des amis. Parfaites illustrations: les vestes أ* poches plaquأ©es, dأ©structurأ©es pour plus d’aisance et glissأ©es sur des chemises sans col et des pulls en mohair boulochأ©, les blazers droits آ«pas si classiquesآ» ou croisأ©s آ«1-1/2آ» (pour أھtre exact) أ* porter ouverts. أ?galement des nouveautأ©s de la saison, comme des blousons d’aviateur en Nylon kaki ou daim beige mais surtout la premiأ¨re paire de sneakers de la marque, qui d’emblأ©e ont tout pour plaire. Les aficionados d’un certain classicisme devraient أ©galement trouver leur compte chez Cerruti 1881 . Jason Basmajian imagine le bon pantalon de ville feu de plancher, la paire de boots allant de pair, la parka alliant la juste dose de technique et d’أ©lأ©gance, le chandail en patchwork combinant crأ©ativitأ© et confort. En poste depuis 2015, sans forcأ©ment afficher de parti pris fort, l’Amأ©ricain devrait trouver sa clientأ¨le. Peut-on parler de constance pour une jeune griffe qui n’a que deux ans? Reste que Dilan Lurr, le crأ©ateur de Namacheko, montre dأ©jأ* une certaine obstination أ* retravailler chaque saison sa maأ®trise du tailoring. Une fois encore, il dأ©voile une sأ©rie de costumes remarquablement exأ©cutأ©s dont les vestes croisأ©es أ* manches gigot et taille cintrأ©e sont ravissantes. Le styliste repأ©rأ© par le concept store The Broken Arm montre aussi un talent pour la maille. Mention spأ©ciale pour les chandails en mohair multicolore أ* motifs psychأ©dأ©liques. L’أ©volution naturelle de Vetements Le collectif Vetements emmenأ© par Demna Gvasalia (par ailleurs directeur artistique de Balenciaga) a par le passأ© dأ©filأ© sous les stroboscopes d’un club gay, sous le pأ©riphأ©rique, dans les rayons des Galeries Lafayette et le Centre Georges Pompidou. Jeudi soir, il avait choisi la Grande Galerie de l’أ©volution, au Musأ©um national d’histoire naturelle. Sur la bande-son d’une mأ©gapole en surchauffe (klaxons, sirأ¨neset bruits d’automobiles), une horde de garأ§ons et de filles recroquevillأ©s dans des doudounes carapaces, le visage cachأ© derriأ¨re un passe-montagne, une capuche ou un col remontأ© jusqu’au nez, avancent d’un pas pressأ©. La marque qui avait rأ©enchantأ© le logo et le sweat-shirt promotionnel, il y a peu, s’en sert aujourd’hui pour dأ©livrer des messages souvent politiques, parfois ironiques. Signe des anarchistes peint أ* l’envers, أ©cusson Interpol, dأ©tournement de la premiأ¨re affiche de campagne de Barack Obama ou, sur un sweat, cette phrase آ«C’est mon anniversaire et la seule chose que j’ai eue est un hoodie hors de prix de chez Vetementsآ». Nombreux ont reprochأ©au label de dأ©tourner l’esthأ©tique des classes ouvriأ¨res pour أ©diter des produits de luxe أ* destination d’une clientأ¨le (les fameux millennials) qui n’en avait peut-أھtre pas les moyens. Qu’importe, le groupe enfonce le clou. Au milieu des 7000 espأ¨ces animales (dont le site Internet du musأ©e prأ©cise qu’آ«elles ne parlent pas mais disent toutآ»), il donne أ* voir l’allأ©gorie d’une jeunesse anxieuse أ* l’heure de la montأ©e des populismes, de l’urgence climatique et de la menace terroriste, et sa vision des mutations contemporaines. آ» Suivez toutes les infos du Figaro culture sur Facebook et Twitter. SERVICE: Ne ratez aucune promotion Vans pour أ©conomiser toute l’annأ©e </p> Source link More |
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