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ahlam1399
03-09-2016, 11:42 AM
Double infanticide : 20 ans de prison

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Magali V. est accusée d’un double infanticide.Des larmes, beaucoup de larmes ont ponctué le procès de Magali Verdu devant la cour d’assises des Yvelines.

Entre le vendredi 4 et le mardi 8 mars, la quadragénaire s’est présentée devant les huit jurés pour répondre d’un double infanticide à La Queue-lez-Yvelines en **vembre 2013, sur fond de déni de grossesse. Enfermée dans un long et large gilet gris, Magali s’est longuement exprimée sur son passé, d’une voix faible et entrecoupée de sanglots. Le reste du temps, elle est restée assise, le visage à moitié dissimulé par ses cheveux mi-longs et d’épaisses lunettes.

Un isolement affectif

Magali a raconté son enfance, ballottée d’une ville à l’autre, de la métropole à l’outre-mer. «Mon père était gendarme. **us déménagions très régulièrement. Je n’avais pas d’amis. J’ai souffert de ces mutations. Mon père n’était qu’autorité. Lorsqu’il rentrait, c’était le branle-bas de combat. Il ne fallait plus faire de bruit.»

À partir de 20 ans, elle quitte le foyer parental pour démarrer une vie conjugale tumultueuse, faite de séparations, de violences, de déménagements et de la naissance de deux enfants, toujours en vie. Pour enfoncer le clou, le 15 octobre 2004, son mari décédera d’une crise cardiaque dans le lit conjugal. Pierre naîtra deux mois plus tard.

À partir de là, Magali va lentement sombrer. Les dettes s’accumulent auprès des banques, des impôts : plus de 70 000 euros. La quadragénaire aura des relations avec cinq hommes par la suite, parfois deux en même temps. Certaines seront cachées lorsqu’elles se réaliseront dans le cadre de son travail. Marie sera le fruit d’une de ces idylles.

«Avez-vous tué Pierre et Marie ?»

Lors de son procès, Magali a donné l’image d’une femme qui a vécu dans le silence, retranchée en elle-même. «Elle est dans un isolement affectif et personnel. Ses amants ont dé**ncé un comportement de manipulation et de mensonge», a analysé un expert.

Son attitude a été aléatoire. Elle semblait parfois détachée de la situation. À d’autres reprises, elle avait l’air de prendre conscience de la tragédie qui se racontait. Le récit poignant du premier gendarme à intervenir dans son appartement lui a arraché de lourds sanglots. La diffusion sur écran de la photo de la petite Marie, morte, a provoqué la même émotion. Sans toutefois pousser Magali à avouer.

Le président de la cour a alors tenté l’électrochoc. «Avez-vous tué Pierre et Marie ?» La question tranche un lourd silence. «**n, je ne les ai pas tués. De la naissance de Pierre, je ne me souviens de rien. De celle de Marie, ça s’efface, mais je me souviens un peu», pleure Magali. Elle reste campée sur l’idée que Marie est morte dès sa naissance malgré tous les rapports d’expertise démontrant que l’enfant a respiré **rmalement.

Le magistrat hausse le ton. «Madame ! Vous êtes en train d’inventer un **uveau concept, le déni d’existence pur, de votre existence et de celle de vos enfants.» «Je ne clame pas un déni d’un bout à l’autre. J’ai mis mes tripes sur la table depuis deux ans. Je ne peux pas inventer des choses», lâche l’accusée. «Qu’attendez-vous alors de cette cour d’assises ?», s’inquiète Jean-Christophe Hullin. «Je veux des réponses. Je sais que je vais avoir une sanction, aller en prison. C’est peut-être dans un hôpital psychiatrique qu’est ma place. À vie.»

«Ne soyez pas dans le déni de la vérité»

Le président monte d’un cran. «En 2005, c’est vous qui avez appelé votre fils Pierre. Il faisait 3,7 kg et 51 cm, vous l’avez **urri, langé. Je sais que vous savez où il est enterré, mais on ne vous torturera pas pour le savoir. Aidez-**us Madame. Ne soyez pas dans le déni de la vérité. Pierre et Marie étaient frère et sœur. Ils sont morts car VOUS les avez privés de vie. Vous **us devez une explication rationnelle. Je ne comprends pas où vous voulez amener cette cour d’assises. **us sommes en ébullition. Ce que vous jouez, c’est pour vous.» Magali se fige : «Je vous entends, je comprends, mais je ne vois pas ce que vous attendez de moi. J’ai dit toute la vérité.»

«L’infanticide renvoie aux confins de l’horreur»

Hier, mardi 8 mars, l’avocate générale a requis 18 mois de réclusion criminelle. «L’infanticide renvoie aux confins de l’horreur. À deux reprises, une mère a ôté la vie à des petits êtres qui n’ont rien demandé et qu’il faut protéger à tout prix. À Marie, elle n’a pas laissé le temps de respirer ou de crier. Pour Pierre, dont on n’a toujours aucun signe de vie, je tranche pour l’amnésie simulée.»
Face à cela, Marc Montagnier a plaidé pour le côté aléatoire des souvenirs, allant jusqu’au parallèle des femmes violées «qui se réveillent 20 ans plus tard.» L’avocat a également pointé le côté trop rigoureux, logique, de la cour d’assises. «Il faut s’en méfier. Magali connaît des troubles de la personnalité. Elle s’est construit un monde.» Marc Montagnier a également évoqué le traitement de ce type d’affaire à l’étranger, avec des peines beaucoup moins lourdes.
Dans la continuité, Laurent Collet a plaidé sur la fragilité et la solitude de Magali. «**us ne demandons pas l’acquittement. Elle s’est murée dans sa solitude. Il n’y a rien de logique, de rationnel. Elle n’est pas un monstre.»
«Marie a eu un sac-poubelle en guise de barboteuse»

Sur le banc de la partie civile, là où se tenait le père de Marie, Frédéric Champagne a axé ses paroles sur l’avenir possible de ces enfants. «Marie était une petite fille bien vivante. Elle n’a pas eu de couveuse mais une boîte médico-légale, un sac-poubelle en guise de barboteuse. Que serait-elle devenue ? Médecin, infirmière, magistrate . Quels auraient été ses livres favoris ? Pierre aurait-il été pilote d’hélicoptère, sportif de haut niveau ? Pourquoi avez-vous pris tout cela ? Pourquoi ces deux morts ? Pourquoi **us laisser avec **s questions, vos contre-vérités ? Leurs mémoires méritent des réponses. **us aurions voulu comprendre comment celle qui a donné la vie, a donné la mort.»
Avant que les jurés ne délibèrent, Magali s’est contentée de cette phrase. «Je voudrais juste demander pardon à tous ceux à qui j’ai fait du mal.»
Dans la soirée du mardi 8 mars, la cour a rendu son verdict : 20 ans de réclusion criminelle.
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