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ahlam1399
02-26-2016, 10:14 PM
Les petits commerçants, cibles faciles des braqueurs

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Véronique (à g.) et France n’avaient jamais connu de braquage auparavant. Bijouteries, casi**s et agences bancaires n’ont pas le mo**pole des braquages. Les commerces de proximité (boulangeries, buralistes, supérettes…), sont régulièrement la cible de vols à main armée. Des braquages souvent perpétrés par des malfaiteurs très jeunes, pour un butin de quelques poignées d’euros.

Le salon de coiffure Éric Leturgie, à Conflans-Sainte-Ho**rine, en a fait l’amère expérience, le 23 janvier dernier. Vers 15h30, un homme armé, encagoulé et ganté surgit dans la boutique. «Ma collègue me donnait un coup de peigne, pendant qu’une cliente âgée était sous le casque. L’homme est entré, couteau à la main. Il a crié “la caisse” à plusieurs reprises», relate Véronique, employée de ce salon situé rue d’Herblay, au milieu de **mbreux commerces.

Pendant une fraction de seconde, les deux salariées croient «à une blague» avant de réaliser que le malfrat n’est pas là pour plaisanter.

50 euros de butin

«Ma collègue lui a donné le monnayeur. Il réclamait des billets, poursuit Véronique, avec force de détails. Je lui ai remis les cinquante euros que contenait la caisse.» Mais le braqueur en voulait plus et se faisait menaçant.

«Je lui ai expliqué que la plupart des clients payaient en carte bancaire et que **us n’avions donc que très peu d’espèces, ajoute la coiffeuse, qui se souvient de la scène comme si c’était hier. J’ai eu peur qu’il s’en prenne à la cliente ou qui vole **s sacs.» Finalement, le braqueur a pris la fuite et a rejoint un complice qui l’attendait à la sortie de la boutique sur un scooter.

«Je ne sais même pas si ça a duré cinq minutes, soupire Véronique. Mais sur le moment, ça paraît très long.»

La police est arrivée rapidement pour recueillir des témoignages et effectuer des prélèvements d’empreintes et d’ADN dans ce salon qui connaissait son premier braquage. L’enquête, qui suit son cours, n’a pas encore permis d’identifier les deux hommes.

Braqueur débutant ?

Aujourd’hui, avec le recul, la coiffeuse n’a pas le sentiment d’avoir eu affaire à une pointure du vol à main armée. Pour elle, il avait entre 16 et 18 ans… Un débutant peut-être… «Je le sentais stressé. Il regardait partout, guettait à l’extérieur, jetait des coups d’œil à son complice…»

«Très choquée sur le coup», Véronique s’est remise et ne paraît pas traumatisée par l’attaque. Néanmoins, les employés ferment désormais le salon à clé dès lors qu’il y a peu de clients à l’intérieur. «Je suis persuadée qu’ils ont repéré les lieux, assure Véronique. Ils se sont attaqués à **us car il n’y avait pas beaucoup de monde à l’intérieur. »

France, la patronne du salon, coiffeuse depuis une quarantaine d’années, était absente le jour des faits : «Pour moi, le fait de se faire braquer était dans le domaine du possible. J’ai toujours prévenu mes collègues que si cela devait se produire, il ne fallait pas discuter et donner la caisse. Le vol de 50 euros, n’est pas grave. Mon principal souci est que personne ne soit blessé.»

«À moitié dealers, à moitié chapardeurs»

En 2015, la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) a constaté une baisse d’un tiers des vols à main armée dans les Yvelines. Pour les premières semaines de 2016, elle parle de «stabilité» avec néanmoins deux faits de plus que l’an dernier durant la même période.



https://hameed.nwar.uk/vb/w80/wp-content/uploads/2016/02/patrouille-anti-vamaOK-630x0.jpg (http://www.78actu.fr/files/2016/02/patrouille-anti-vamaOK.jpg)
Chaque année, à la période des fêtes de fin d’année, la DDSP intensifie la présence policière dans les zones commerciales avec le plan anti-vol à main armée. (Archives) Il est difficile pour les forces de l’ordre de lutter en temps réel contre ces braquages éclair. Elles misent plutôt sur le travail d’enquête, **tamment l’exploitation de la vidéosurveillance et des empreintes digitales et génétiques pour confondre les malfrats.

Quel est le profil de ces voleurs ? «Le plus souvent, ce sont des voyous de cité, répond un enquêteur du département. Ils ont entre 14 et grand maximum 25 ans, et sont à moitié dealers, à moitié chapardeurs.» Comment choisissent-ils les établissements ? «Ce sont des braqueurs de proximité. Ils s’attaquent donc à des commerces près de chez eux car la cité est leur base de repli.» Le plus souvent, ces malfrats utilisent des scooters pour s’assurer une fuite rapide.

L’argent volé est utilisé à des fins “alimentaires”, ajoute cet enquêteur qui constate que ces voyous n’ont pas de projets à long terme : «Il peut servir à acheter un iPhone comme à amorcer ou entretenir un trafic de stupéfiants.»

Ces braquages de petits commerces, remis au goût du jour ces dernières années, ne datent pas d’hier. «Il y a trente ans, d’anciens gros braqueurs se sont fait la main comme cela», ajoute ce spécialiste.

L’historique des vols

30 janvier 2016 : Une supérette du Mesnil-Saint-Denis (300 euros de butin) et un fast-food de Mantes-la-Jolie (près de 1 200 euros).

23 janvier : Un salon de coiffure de Conflans-Sainte-Ho**rine (50 euros).

11 et 16 janvier : Un bar-tabac de Carrières-sous-Poissy (6 000 euros et 105 paquets de cigarettes).

17 septembre 2015 : Un bar-tabac à Magny-les-Hameaux

15 septembre : Un bar-tabac de Carrières-sous-Poissy (environ 25 000 euros).

24 août : Une station-service de Poissy (200 euros).

10 août : Un restaurant à Trappes (200 euros).

16 juillet : Un supermarché à Chatou (200 euros).

23 juin : Un tabac de Villepreux : (5 000 euros).

11 et 17 juin : Un hôtel de Villennes-sur-Seine (environ 1 000 euros).

Carrières-sous-Poissy prend le problème à bras-le-corps

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Une pression sur ce boîtier alertera la police. Ces derniers mois, les commerces de Carrières-sous-Poissy ont connu une vague de vols à main armée. Le bar-tabac Les Trouvailles, rue de la Chapelle a été braqué deux fois en moins d’une semaine, les 11 et 16 janvier. Des attaques menées vraisemblablement par la même équipe, composée **tamment de deux adolescents de 14 ans. Après l’arrestation de quatre suspects, une expédition punitive a été menée contre l’établissement, le 29 janvier.

Dans un message publié le lendemain sur Facebook, le patron des Trouvailles a fait part de son intention de ne pas rouvrir son commerce.

Consciente du problème, la municipalité de Carrières-sous-Poissy propose des solutions aux commerçants. Après le deuxième braquage, Christophe Delrieu (LR) avait proposé au gérant du bar-tabac de mettre en place des «patrouilles de police municipale fixes» devant ce commerce relativement isolé. Avec la dernière agression, le dispositif n’aura pas eu le temps de se mettre en place. Déterminé à maintenir ce commerce, le maire a eu une autre idée : «Je vais proposer au gérant de s’installer dans un futur espace commercial, qui sera construit d’ici deux ans, avenue Maurice-Berteaux, dans le même quartier, indique l’édile. La sécurité y sera renforcée, avec des patrouilles de police municipale et des caméras de vidéosurveillance. Puis, le fait de concentrer les commerces est plus sécurisant.»

Dans sa lutte contre les vols à main armée, la mairie met également en place un dispositif de télécommande reliant les commerçants à la police municipale. Ce système nécessite l’achat d’un boîtier WiFi à 1 200 euros. «Les commerces géographiquement proches peuvent mutualiser cet investissement, ajoute Christophe Delrieu. Ce bip à déclenchement manuel prévient la police en temps réel. On sait que les braquages sont très courts, alors on mise aussi sur l’effet dissuasif.»

La tech**logie contre les malfrats

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Laurent Belzeaux commercialise des dispositifs anti-hold-up. Les commerçants peuvent s’appuyer sur la tech**logie pour se protéger des vols à main armée. Laurent Belzeaux, Foulqueusien, dirige Talion Concept qui développent et commercialisent des systèmes anti-braquages.

Altoldup : Ce panneau lumineux (photo) se fixe sur la devanture du magasin. Quand le commerçant attaqué le met en route, le message “hold-up – appelez la police 17” s’affiche et une alarme retentit.

Esus : Boîtier métallique contenant une caméra thermique, qui diffuse une alarme et un signal lumineux. Efficace, car le voleur ne peut récupérer les images enfermées dans le boîtier blindé.

La sirène flash : Un gyrophare équipé d’un avertisseur so**re qui se pose sur le comptoir. Alerte le voisinage en cas d’attaque.

La télécommande collier : Une télécommande qui se porte autour du cou. Il suffit de tirer dessus pour déclencher les dispositifs d’alarme… Discret.

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