ahlam1399
02-26-2016, 07:54 PM
Solidarité. Café ou baguette «*suspendus*» pour les plus démunis
https://hameed.nwar.uk/vb/w80/wp-content/uploads/2016/02/photo-test-v3-033-630x0.jpg
Aminata (à droite), gérante de la boulangerie La Croquise propose baguettes et cafés suspendus. – C’est une initiative qui redonne le sourire. Une initiative qui vient du cœur et n’est motivée que par la seule envie de partager.
Lorsque l’association Café Suspendu située à Marseille (lire ci-dessous) est venue démarcher Aminata Gaye-Beaudouin, la gérante de la boulangerie La Croquise située avenue de la République à Mantes-la-Jolie, elle n’a pas hésité un instant. « Je connaissais déjà cette initiative. J’en avais entendu parler à la télévision. J’ai tout de suite été séduite », confie Aminata dans un sourire.
Un payé, un offert
La démarche est simple. Lorsque vous commandez votre baguette ou votre café dans la boulangerie, vous avez la possibilité de « suspendre » un de ces deux produits au profit d’une tierce personne dans le besoin. « Si par exemple, une personne **us achète une baguette supplémentaire, **us lui remettons une carte qu’il appose sur un petit présentoir présent devant **tre caisse enregistreuse. » Ensuite, si une personne souhaite s’acheter une baguette mais n’a pas les moyens de le faire, il lui suffit de prendre une carte et de la remettre à la boulangère qui lui donnera une baguette de pain.
Du soleil dans les yeux
Pas question pour Aminata de laisser les gens tomber dans les clichés. « Aujourd’hui la pauvreté est partout. Elle s’installe de manière insidieuse dans beaucoup de foyers. **n, cette initiative ne s’adresse pas qu’aux sans domicile fixe. Elle vise aussi les retraités, les étudiants pauvres ou encore les familles mo**parentales qui ont du mal à boucler leur fin de mois. »
Etonnamment, **mbreux sont les clients qui n’ont pas attendu la mise en place officielle du Café Suspendu à La Croquise pour donner. « Régulièrement, des gens me donnent un peu plus que leur **te et me demandent d’offrir à ceux qui en ont besoin. » Difficile à croire, mais pourtant réel.
C’est que ses clients connaissent bien Aminata et ressentent sans doute le soleil qu’elle a dans le cœur. « Avant de me marier, j’ai beaucoup travaillé dans le social au Sénégal. J’étais aide-soignante dans un dispensaire et je m’occupais de personnes âgées, d’enfants. À Lille ensuite, j’ai également œuvré pour des associations solidaires. Aujourd’hui, je suis toujours aide-soignante, mais en disponibilité pour la mairie de Versailles. »
Régulièrement, la boulangerie garde ses invendus qu’elle offre à des associations comme Sida Parole ou la maraude de la Poste. « Ils récupèrent les croissants invendus de la veille pour leurs bénéficiaires. »
Déjà beaucoup de dons
A Mantes, le bouche à oreille ainsi que les réseaux sociaux ont déjà fait leur travail. Sur le petit présentoir apposé devant la caisse, de **mbreux cafés et baguettes ont été suspendus. « Un monsieur **us a même donné 20 euros la semaine dernière », s’étonne encore Aminata. Seul bémol : l’offre dépasse la demande. « Soit les gens ne savent pas encore, soit ils n’osent pas entrer et profiter. »
Aminata en est certaine : les gens ont envie de donner, de partager, de s’entraider. Devant l’entrée de la boulangerie, un SDF fait souvent la manche. « Les gens lui donnent peu d’argent. Ils préfèrent lui acheter un sandwich et lui offrir. »
Pendant **tre interview, elle reçoit un coup de fil. Un commerçant de Mantes a entendu parler de cette initiative et souhaite avoir des renseignements. Aminata sourit. « C’est bien. Il faut aider les gens. **us vivons dans un pays où on doit manger à sa faim. »
Café suspendu : 5 villes en France, dont Mantes !
Paris, Marseille, Lille, Lyon et… Mantes-la-Jolie. Au vu de la taille des autres villes, Mantes fait l’effet du Petit Poucet. Maryse Broustail, une Mantaise, tente de faire adhérer les commerces de la ville depuis la Toussaint. « J’ai fait le tour des cafés du centre-ville sur deux jours. À chaque fois, l’accueil a été bon », explique-t-elle.
L’adhésion de La Croquise a fait accélérer les choses. « J’ai communiqué via Facebook et très peu de temps après la publication, près de 1 000 personnes avaient liké et partagé la page », s’étonne-t-elle encore. Une preuve s’il en faut que ce genre d’initiative suscite l’engouement.
Plusieurs commerces à Mantes-la-Jolie et Limay se seraient manifestés. Des boulangeries, une brasserie, une sandwicherie grecque, un glacier, « mais ils n’ont pas encore adhéré à l’association ». Cela ne saurait tarder !
Pour tout renseignement ou demande d’adhésion, contacter Maryse sur l’adresse [email protected].
https://hameed.nwar.uk/vb/w80/wp-content/uploads/2016/02/kf-630x0.jpg (http://www.78actu.fr/files/2016/02/kf.JPG)
Ce logo figure chez les commerçants adhérents de l’association.
« Se structurer pour se développer »
Mais d’où vient donc cette tradition du café suspendu ? « C’est une vieille coutume napolitaine, explique Agathe Anquetil, la coordinatrice marseillaise de l’association Café Suspendu (http://www.cafe-suspendu.com/). Lorsqu’une journée avait été moins facile pour un des commerçants sur le port, les autres avaient pris l’habitude de mettre de l’argent dans un pot pour que celui qui avait moins bien travaillé puisse prendre tout de même un café. »
À Marseille, on se rend compte que l’action existe, mais qu’elle n’est pas bien implantée et que surtout, elle manque de structure. « **us avons voulu mettre des outils en place, professionnaliser l’action. En une année, **us avons monté une structure et avons fait en sorte de trouver des ambassadeurs pour que le café suspendu se développe dans d’autres villes en France », explique Agathe.
Ainsi, après s’être acquitté des 50 € d’adhésion auprès de l’association, le commerçant reçoit un kit comprenant autocollant, présentoir ainsi que 100 cartes. « Lorsqu’une personne achète un café suspendu 1 € par exemple, le commerçant reverse 50 centimes à l’association. » Une initiative qui répond bien à un besoin de lien social et **n financier.
L’objectif à moyen terme est de ne pas limiter l’action au café ou à la baguette de pain. « L’idée, c’est que demain, on puisse suspendre un plat du jour, un sandwich, une salade, etc. »
Lorsque l’on se fait l’avocat du diable et que l’on demande à Agathe comment éviter les abus, sa réponse est directe : « Depuis que cette association existe, les commerçants constatent qu’il y a beaucoup plus de cafés offerts que consommés. Quelques personnes essaieront bien d’abuser, mais ils ne seront pas **mbreux… »
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Aminata (à droite), gérante de la boulangerie La Croquise propose baguettes et cafés suspendus. – C’est une initiative qui redonne le sourire. Une initiative qui vient du cœur et n’est motivée que par la seule envie de partager.
Lorsque l’association Café Suspendu située à Marseille (lire ci-dessous) est venue démarcher Aminata Gaye-Beaudouin, la gérante de la boulangerie La Croquise située avenue de la République à Mantes-la-Jolie, elle n’a pas hésité un instant. « Je connaissais déjà cette initiative. J’en avais entendu parler à la télévision. J’ai tout de suite été séduite », confie Aminata dans un sourire.
Un payé, un offert
La démarche est simple. Lorsque vous commandez votre baguette ou votre café dans la boulangerie, vous avez la possibilité de « suspendre » un de ces deux produits au profit d’une tierce personne dans le besoin. « Si par exemple, une personne **us achète une baguette supplémentaire, **us lui remettons une carte qu’il appose sur un petit présentoir présent devant **tre caisse enregistreuse. » Ensuite, si une personne souhaite s’acheter une baguette mais n’a pas les moyens de le faire, il lui suffit de prendre une carte et de la remettre à la boulangère qui lui donnera une baguette de pain.
Du soleil dans les yeux
Pas question pour Aminata de laisser les gens tomber dans les clichés. « Aujourd’hui la pauvreté est partout. Elle s’installe de manière insidieuse dans beaucoup de foyers. **n, cette initiative ne s’adresse pas qu’aux sans domicile fixe. Elle vise aussi les retraités, les étudiants pauvres ou encore les familles mo**parentales qui ont du mal à boucler leur fin de mois. »
Etonnamment, **mbreux sont les clients qui n’ont pas attendu la mise en place officielle du Café Suspendu à La Croquise pour donner. « Régulièrement, des gens me donnent un peu plus que leur **te et me demandent d’offrir à ceux qui en ont besoin. » Difficile à croire, mais pourtant réel.
C’est que ses clients connaissent bien Aminata et ressentent sans doute le soleil qu’elle a dans le cœur. « Avant de me marier, j’ai beaucoup travaillé dans le social au Sénégal. J’étais aide-soignante dans un dispensaire et je m’occupais de personnes âgées, d’enfants. À Lille ensuite, j’ai également œuvré pour des associations solidaires. Aujourd’hui, je suis toujours aide-soignante, mais en disponibilité pour la mairie de Versailles. »
Régulièrement, la boulangerie garde ses invendus qu’elle offre à des associations comme Sida Parole ou la maraude de la Poste. « Ils récupèrent les croissants invendus de la veille pour leurs bénéficiaires. »
Déjà beaucoup de dons
A Mantes, le bouche à oreille ainsi que les réseaux sociaux ont déjà fait leur travail. Sur le petit présentoir apposé devant la caisse, de **mbreux cafés et baguettes ont été suspendus. « Un monsieur **us a même donné 20 euros la semaine dernière », s’étonne encore Aminata. Seul bémol : l’offre dépasse la demande. « Soit les gens ne savent pas encore, soit ils n’osent pas entrer et profiter. »
Aminata en est certaine : les gens ont envie de donner, de partager, de s’entraider. Devant l’entrée de la boulangerie, un SDF fait souvent la manche. « Les gens lui donnent peu d’argent. Ils préfèrent lui acheter un sandwich et lui offrir. »
Pendant **tre interview, elle reçoit un coup de fil. Un commerçant de Mantes a entendu parler de cette initiative et souhaite avoir des renseignements. Aminata sourit. « C’est bien. Il faut aider les gens. **us vivons dans un pays où on doit manger à sa faim. »
Café suspendu : 5 villes en France, dont Mantes !
Paris, Marseille, Lille, Lyon et… Mantes-la-Jolie. Au vu de la taille des autres villes, Mantes fait l’effet du Petit Poucet. Maryse Broustail, une Mantaise, tente de faire adhérer les commerces de la ville depuis la Toussaint. « J’ai fait le tour des cafés du centre-ville sur deux jours. À chaque fois, l’accueil a été bon », explique-t-elle.
L’adhésion de La Croquise a fait accélérer les choses. « J’ai communiqué via Facebook et très peu de temps après la publication, près de 1 000 personnes avaient liké et partagé la page », s’étonne-t-elle encore. Une preuve s’il en faut que ce genre d’initiative suscite l’engouement.
Plusieurs commerces à Mantes-la-Jolie et Limay se seraient manifestés. Des boulangeries, une brasserie, une sandwicherie grecque, un glacier, « mais ils n’ont pas encore adhéré à l’association ». Cela ne saurait tarder !
Pour tout renseignement ou demande d’adhésion, contacter Maryse sur l’adresse [email protected].
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Ce logo figure chez les commerçants adhérents de l’association.
« Se structurer pour se développer »
Mais d’où vient donc cette tradition du café suspendu ? « C’est une vieille coutume napolitaine, explique Agathe Anquetil, la coordinatrice marseillaise de l’association Café Suspendu (http://www.cafe-suspendu.com/). Lorsqu’une journée avait été moins facile pour un des commerçants sur le port, les autres avaient pris l’habitude de mettre de l’argent dans un pot pour que celui qui avait moins bien travaillé puisse prendre tout de même un café. »
À Marseille, on se rend compte que l’action existe, mais qu’elle n’est pas bien implantée et que surtout, elle manque de structure. « **us avons voulu mettre des outils en place, professionnaliser l’action. En une année, **us avons monté une structure et avons fait en sorte de trouver des ambassadeurs pour que le café suspendu se développe dans d’autres villes en France », explique Agathe.
Ainsi, après s’être acquitté des 50 € d’adhésion auprès de l’association, le commerçant reçoit un kit comprenant autocollant, présentoir ainsi que 100 cartes. « Lorsqu’une personne achète un café suspendu 1 € par exemple, le commerçant reverse 50 centimes à l’association. » Une initiative qui répond bien à un besoin de lien social et **n financier.
L’objectif à moyen terme est de ne pas limiter l’action au café ou à la baguette de pain. « L’idée, c’est que demain, on puisse suspendre un plat du jour, un sandwich, une salade, etc. »
Lorsque l’on se fait l’avocat du diable et que l’on demande à Agathe comment éviter les abus, sa réponse est directe : « Depuis que cette association existe, les commerçants constatent qu’il y a beaucoup plus de cafés offerts que consommés. Quelques personnes essaieront bien d’abuser, mais ils ne seront pas **mbreux… »
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