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ahlam1399
03-16-2015, 10:57 AM
Raymond Mocaer tire sa révérence

http://www.les**uvelles.fr/files/2015/03/vs-raymond-mocaer-630x0.jpg (http://www.les**uvelles.fr/files/2015/03/vs-raymond-mocaer.jpg)Raymond Mocaer. Emotion samedi lors de l’assemblée générale de l’Amicale des mutilés, prisonniers, déportés, anciens combattants et victimes de guerre. Raymond Mocaer, président, a passé la main à son adjoint, Michel Tenette.
`A 87 ans, Raymond Mocaer est bien connu des Versaillais. Déporté, résistant, il œuvre beaucoup pour le devoir de mémoire. Mais «il faut bien savoir s’arrêter un jour», dit-il en souriant. «L’âge, la mémoire, tout se dégrade», regrette-t-il. Pour autant, l’homme ne gardera «que des bons souvenirs» de ses années passées au sein de diverses associations patriotiques (cinq ans à l’Amicale des mutilés, quatorze ans au Comité d’entente, etc.). Raymond Mocaer est aussi toujours vice-président départemental de l’Association nationale des déportés et internés de la résistance et Union nationale des déportés et familles de disparus.

Des camarades

D’ailleurs, lorsqu’il a pris la présidence de l’Amicale des mutilés, c’est parce qu’il n’y avait aucun candidat. «C’était difficile au début, reconnaît Raymond Mocaer. Mais au bout de deux ans, ils sont tous devenus des camarades.» Raymond Mocaer a su s’imposer en douceur pourrait-on dire, faisant en sorte que «ça fonctionne bien». «J’ai pris la présidence de **tre Amicale pour empêcher sa dissolution car je dois beaucoup à **tre association. Quand je suis rentré de déportation, j’étais dans un triste état et j’ai été particulièrement content d’y trouver le réconfort et la chaleur dont j’avais besoin. Il y avait à cette époque un médecin, un avocat et un personnel très serviables pour **us aider dans **s démarches.»
S’il est difficile de faire ici la liste de toutes les associations dans lesquelles Raymond Mocaer a œuvré, il est facile de comprendre que l’ancien résistant est motivé par le devoir de mémoire. «J’ai participé à une vingtaine d’expositions, je témoigne dans les écoles, … La mémoire est importante. Vous savez, lorsque j’étais en déportation, j’ai fait la marche de la mort ; si vous vous arrêtiez, vous mouriez. Un jour, un homme grand m’a dit, “dis bonjour à la France“ avant de mourir. Ce qu’il voulait me dire, c’est de faire en sorte qu’on ne l’oublie pas. Ce souvenir ne m’a jamais quitté.»
Ces souvenirs, Raymond Mocaer compte les transmettre à travers ses mémoires, dont il a entamé la rédaction. «J’essaie de comprendre ma vie, explique-t-il. Vous savez, j’ai été champion de lutte libre en 1943. J’avais ma photo en première page sur le plus grand quotidien de l’époque, “Ce soir“. Cela m’a peut-être sauvé. Lorsque j’ai été arrêté, le commandant de la place de Versailles a trouvé l’article dans mon portefeuille. Il m’a dit, vous êtes un grand sportif, malheuresement, tout cela est fini pour vous. Mais je n’ai pas été fusillé, alors que j’aurais dû l’être. Il y a des choses comme ça qui arrivent. Quand j’y pense, mais qu’est-ce que je fous encore là ?»